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On se retrouve poitrine contre poitrine, ventre contre ventre. On s'approche, on se mélange, on transpire, jusqu'à la délivrance. Au premier abord, les poèmes sensuels de Maram al-Masri semblent évoquer la valse qui entraîne deux êtres épris l'un de l'autre, la frénésie qui s'empare des sens, l'ivresse du désir. Mais rapidement une interrogation s'empare du lecteur : Et si la poétesse parlait d'autre chose ? Si ce corps à corps amoureux et douloureux était celui qu'elle entretient avec le texte. Si la poésie permettait à la femme qui " dénude son âme " d'enfanter d'une autre manière. Par la fontaine de ma bouche rappelle cette idée de René Daumal : " Il faut être deux pour faire un poème. Celui qui parle est le père, celui qui écoute est la mère, le poème est leur enfant. " Au fond, un poème qui ne rencontre pas son lecteur est une semence perdue.
J’ai découvert, il y a quelques années, la poésie de Maram Al Masri, lors du Festival « Voix Vives de Méditerranée » et, depuis, je poursuis ma lecture de cette voix singulière venue de Syrie.
Dans ce recueil, elle parle de désir et de jouissance mais, au-delà des mots, il y a la quête du poème, ce poème qui coule « par la fontaine de [sa] bouche »
La poète mêle la sensualité de la chair à celle des mots.
C’est aussi la poésie d’une femme écrite pour les femmes, et c’est très important lorsqu’on sait que Maram Al Masri est syrienne, pays où il n’est pas évident pour une femme d’écrire et de célébrer l’amour dans toute sa splendeur et avec une sensualité éclatante.
« écris
en leur nom
elles qui ont mis leur espoir en toi
qui ont cru en toi. »
« Ma bouche est une fontaine coulant de plaisir
Le cantique
Du cœur
Et de la chair. »
Ces poèmes éclatent de vie, ils parlent du quotidien en le transformant. Chacun est numéroté et se nomme signe. Comme autant de signes qui attestent de cet amour puissant que rien ne pourra soumettre.
« Et l’amour comme une feuille est troué
Par les mots du chagrin
L’arbre jadis empli des sèves de la passion
N’est plus qu’une bûche dépourvue de désirs
Dont les souvenirs ont oublié la couleur. »
Le corps, très présent à chaque page, le corps est nommé, exploré, et laisse naitre le poème pétri aussi de chair de sang et d’os. Ne naissent-ils pas dans le même creuset ? Et puis s’élève la voix qui façonne une langue, celle du poème.
« Je vous livre une langue nouvelle faite
De chair et d’os
D’eau et de sang. »
Maram Al Masri nous livre avec sincérité l’intimité charnelle qu’elle entretient avec la poésie et cette langue sensuelle est envoûtante.
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