Des incontournables et des révélations viendront s'ajouter à cette liste au fil des semaines !
Deux récits, deux voix, deux ennemis a priori.
Lui s'appelle Paul Dufourcq. Jusqu'à peu, il avait une situation, une famille, un grand appartement dans le XVIème arrondissement de Paris, une vie. Mais un soir, il rentre en voiture après avoir bu, renverse un jeune homme à scooter et prend la fuite. L'accident tue l'adolescent et envoie Paul derrière les barreaux d'une prison. Elle s'appelle Anna. Elle a perdu sa fille, Lucie, dans des circonstances similaires, mais son coupable à elle s'en est sorti avec un bracelet électronique. Depuis, Anna va de rage en peine. La justice les a broyés tous deux, murant l'une dans la colère et l'autre dans la culpabilité. Pour les aider, on leur propose de participer à une autre forme de justice, dite restaurative. Anna devra rencontrer Paul, l'écouter, lui parler. De son côté, Paul pourra enfin s'excuser. Mais peut-on accorder son pardon à celui qu'on ne hait que par procuration ? Et peut-il affranchir de la culpabilité ?
On suit d'abord à tour de rôle les récits séparés d'Anna et Paul, revivant avec eux leur histoire, du procès aux murs de béton ou de rage entre lesquels ils vivent depuis deux ans. Jusqu'à leur rencontre, point d'acmé de ce roman tendu comme une corde sur laquelle Mathieu Menegaux, funambule attentif, évolue pour nous faire éprouver les sentiments qui rongent ses personnages, honte, rage, peur et désir de vengeance, et éclairer aussi bien les impasses d'une justice qui punit, que les espoirs d'une autre appelant au pardon. Un roman poignant que la tendresse habite.
Des incontournables et des révélations viendront s'ajouter à cette liste au fil des semaines !
La justice et les vies détruites qu’elle côtoie tous les jours sont au coeur des romans de Mathieu Menegaux. Entrelaçant deux affaires de violence routière, son septième ouvrage met à l’honneur la justice restaurative encore peu pratiquée en France.
L’on pourrait s’y méprendre et croire longtemps que les deux voix qui entrecroisent leur histoire sont les deux parties d’une même affaire. Mais, dans un cas, la victime est une jeune fille de seize ans qui roulait à vélo, dans l’autre, un adolescent percuté sur son scooter. Les chauffards ont tous deux pris la fuite, abandonnant les jeunes gens à leur mort, mais l’un s’en est sorti avec un bracelet électronique, l’autre, parce qu’un célèbre humoriste venait de défrayer la chronique, avec la peine maximale de sept ans d’emprisonnement.
La première voix est celle d’Anna, la mère qui, dans sa détresse et sa colère, attend réparation de la justice. Celui qui lui a volé sa fille doit souffrir un enfer au moins semblable au sien. Désespérément longue à venir, froidement jargonneuse et distanciée, et surtout injustement laxiste à ses yeux, la condamnation décidée par le tribunal la dévaste. Pour elle, c’est le deuil à perpétuité ; pour le coupable, la liberté, même si sous surveillance électronique.
De l’autre côté, celui de ceux qui ont basculé au revers de la société, derrière les barreaux de ce qu’il faut bien appeler l’enfer carcéral, se fait entendre la seconde voix du roman. Paul n’est plus que culpabilité cuisante. Et si l’on compatit sans peine à la souffrance d’Anna, l’on finit par ressentir aussi une forme d’empathie pour cet homme jusqu’ici sans tache, qu’une grave erreur, un soir trop arrosé, a éjecté du monde humain. Sa femme a divorcé, il ne voit plus ses filles et sombre dans le désespoir. Pas un jour où le personnel carcéral ne sonde ses éventuelles intentions suicidaires.
Alors, se référant à Badinter qui insistait sur le droit à réparation et sur la différence entre un monstre et un homme qui a commis un acte monstrueux, Mathieu Menegaux se fait dans cette histoire l’avocat de la justice restaurative. Certes un peu trop miraculeuse dans ce roman où un seul entretien suffit à dénouer les impasses où les deux personnages se trouvaient enfermés, cette pratique complémentaire de la justice pénale consiste à offrir un espace de dialogue, encadré par un médiateur, où victimes et auteurs, pas forcément d’une même affaire, peuvent échanger sur leurs ressentis et leurs attentes. Cette libération de la parole s’avère essentielle à la reconstruction des victimes, tout comme à la responsabilisation, et donc à la réintégration, des auteurs.
Toujours juste et irréprochablement empathique, l’écriture fluide et efficace de Mathieu Menegaux explore sans pathos la douleur de ses personnages dans un récit poignant menant au final à une réflexion de fond sur la justice. Où que l’on place le curseur, le plus souvent au gré des pressions politiques et médiatiques, entre laxisme et punitivisme, l’on perd trop souvent de vue un objectif primordial : la reconstruction des victimes et des auteurs d’actes délictueux et criminels. Un bel hommage en passant au si progressiste et humaniste Robert Badinter.
Elle c'est Anna, une mère qui a perdu sa raison de vivre lorsque sa fille a été percutée par un chauffard et laissée pour morte sans secours au bord de la route.
Depuis, elle ne tient que par le combat qu'elle mène pour que ce meurtrier puisse finir derrière les barreaux d'une prison.
Combat inutile à ses yeux puisque ce chauffard qui avait bu et s'était enfui sans porter secours à sa fille n’a écopé que d'une peine bien trop légère pour qu’Anna puisse s'en satisfaire. Mais en fait, peut-on jamais se satisfaire du résultat quel qu'il soit lorsque le pire nous est arrivé.
Lui c'est Paul. Un conducteur qui a pris la route après un dîner arrosé, a percuté un jeune homme et l'a laissé pour mort au bord de la route sans lui porter secours.
Depuis, sa famille, son travail, sa vie, tout s'est brisé, tout s'est écroulé, et il purge une peine de prison exemplaire. Au fond de sa cellule il se demande comment il pourrait réparer ce qu'il a fait. Comment il pourrait sortir meilleur de cette peine de prison exemplaire qui lui a été donnée alors que pour autant la société ne le prend pas en charge pour que l'attitude qu'il avait eue, et que d'autre comme lui ont eue, change et que sa condamnation serve a quelque chose.
Mathieu Menegaux aborde le difficile sujet des coupables et des victimes, la façon dont la justice est rendue. Puis le comment agir pour que les détenus soient réellement pris en charge pour que tout change.
Impossible de se mettre à la place de ces personnages que tout devrait éloigner mais qui pourtant se rapprochent. Et c'est grâce à cette justice restaurative dont je n’avais quasiment pas entendu parler mais qui pourrait permettre de changer la façon qu'ont les uns et des autres de se juger.
Punir les coupables et les laisser sans leur permettre la moindre possibilité de réparation, ou tenter de faire avancer les uns et les autres vers une meilleure compréhension de chacun. Voilà une vraie question, hélas sans beaucoup de réponse tant le nombre de personnes affectées à ce type de solutions est dérisoire, et les budgets ne sont pas près d’être favorables à un déploiement en nombre.
J'ai trouvé intéressante cette approche de l'auteur, sa façon de voir et entendre la mère de la victime. Elle aussi victime endeuillée qui tente d’obtenir réparation pour une perte qui ne pourra jamais être comblée.
Puis son approche d'un chauffard coupable qui peu à peu prend toute la mesure de son acte, et des manques de la société pour faire évoluer ces situations.
Un sujet grave et difficile, traité ici avec une forme de distance mais peut-il en être autrement, et cependant une grande humanité.
https://domiclire.wordpress.com/2025/02/14/impardonnable-mathieu-menegaux/
Lucie est morte à seize ans, victime d’un chauffard qui l’a renversée, alors qu’elle circulait à vélo. Anna (sa mère) divorcée d’Antoine (le père, qui la considère – depuis toujours – telle la responsable de tous les malheurs du monde …) va devoir affronter cet (insurmontable) deuil, en compagnie de son fils ainé, Adrien (vingt ans) Pour Anna, la vie n’a plus de sens …
Paul réalise qu’il a foutu sa vie en l’air pour quelques verres d’alcool. Il a tué un jeune garçon et a pris la fuite, pour finalement se rendre le lendemain. Les parents de la victime sont dévastés … Condamné à sept ans de prison ferme, ce dirigeant d’entreprise a tout perdu : sa femme l’a quitté en emmenant leurs enfants. En un simple claquement de doigt, sa magnifique situation, ses biens, son prestige se sont envolés en fumée …
Paul ressemble terriblement à l’homme (Bernard Cambier) qui a tué Lucie (et s’est enfui, tout comme il l’a fait …) Après le jugement de Bernard Cambier (qui a été condamné plus légèrement que lui) Anna va rencontrer Paul (trois ans après la mort de sa fille) lors d’un projet de justice restaurative. Une expérience – pour ne pas dire une épreuve ! – afin de tenter de comprendre l’autre, sans pardonner (l’impardonnable) pour autant …
Mathieu Menegaux nous livre un pénétrant roman. Autant que clairvoyant. Sur la profonde souffrance des proches de victimes et de l’enfer qui leur faut traverser. Lucide également sur la non moins terrible culpabilité éprouvée par des criminels de la route, coupables d’un comportement parfaitement intolérable. Qui a brisé net une existence et explosé du même coup, la leur et celle de leur entourage. Leur enfer, ce sera l’incarcération et les remords …
C’est avisé, intelligent, bouleversant et sagace. J’aurais toutefois aimé – je l’avoue – que la partie concernant la « justice restaurative » soit un peu plus développée par l’auteur.
Je remercie vivement la Masse Critique Littérature de Babelio ainsi que les Éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce bel ouvrage.
J’ai découvert Mathieu Menegaux avec Femmes en colère et Impardonnable est un roman aussi intense, aussi bouleversant. L’auteur interroge la justice et ses failles, la culpabilité et la rédemption, le pardon et ses limites, et avant tout le deuil.
Deux voix, deux solitudes, deux destins fracassés : Paul, un coupable, et Anna, une victime par procuration.
« Depuis l’accident, puisque c’est ce mot que les autres emploient pour désigner la tragédie, les gestes du quotidien lui semblent vides de sens. À quoi bon s’obstiner à préserver le noir dans une chambre où l’on ne dort plus ? Pourquoi se lever, s’habiller, se nourrir, se brosser les dents, se laver, sortir de chez soi, travailler, alors que tout est si vain, absurde, brutal ? »
Lui, un homme ordinaire dont la vie bascule en une seconde d’égarement : un accident, la mort d’un adolescent, la peur, la fuite. Sept ans derrière les barreaux pour expier une faute qu’aucune peine ne saurait alléger.
Elle, une mère brisée, dont la fille a été fauchée par un chauffard qui, lui, n’a pas connu la prison. Depuis, sa colère la consume.
Ils se rencontrent dans le cadre de la justice restaurative, une rencontre où les mots deviennent des armes ou des baumes, où la confrontation est peut-être la seule issue possible.
« Je crois que c’est ça que j’ai appris lors de ces rencontres, Anna. Ce ne sont pas des monstres. Ce sont des hommes, qui ont commis des actes monstrueux.
Et c’est très différent. »
Comme dans Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, où l’indicible douleur côtoie le besoin de donner un sens à l’irréparable, Impardonnable met en scène des personnages prisonniers de leur souffrance. Menegaux excelle dans l’analyse des émotions à vif.
« Des existences cabossées qui retrouvent un sens, des plaies qui se pansent et l’espoir qui permet de sortir de la nuit noire. »
La structure chorale renforce l’intensité dramatique : d’un côté, Anna, écrasée par la perte, qui oscille entre fureur et résignation. De l’autre, Paul, rongé par la culpabilité, qui cherche désespérément à comprendre s’il peut encore être un homme « meilleur ».
Le roman est également une réflexion sociale sur notre système pénal. Punir suffit-il à réparer ? Quel en est l’intérêt ? Peut-on demander à une mère de pardonner la mort de son enfant ? À un homme d’être réhabilité quand il ne se pardonne pas lui-même ?
« Et je continue à noircir des pages, sur ce cahier d’une part et sur un autre carnet, dans lequel je consigne toutes les absurdités de notre système carcéral, ainsi que des propositions pour y remédier, histoire de ne pas être cantonné à un brillant diagnostic, ce qui me rendait fou déjà dans le monde professionnel. Chaque fois qu’on faisait venir des consultants, experts dans l’analyse de la situation et incapables d’apporter des solutions au-delà des “bonnes pratiques”, je finissais par m’emporter. Je ne sais pas encore ce que j’en ferai, de ce carnet, mais plus ma détention avance plus j’ai envie, besoin, de lui donner du sens. »
Dans cette nuit noire où tout semble figé, une fenêtre s’éclaire, celle de la résilience.
Impardonnable : un roman bouleversant sur le deuil, la culpabilité et le pardon.
#Impardonnable #NetGalleyFrance
Tous les ans la route tue des centaines de personnes. Des chiffres tragiquement banals mais derrière lesquels il y a autant d'histoires.
Dans celle-ci, d’un côté il y a Anna, une mère de famille dont la vie, une nuit d'octobre, s'est arrêtée en même temps que celle de sa fille de 16 ans fauchée par un chauffard alors qu'elle rentrait de soirée en vélo.
De l'autre il y a Paul, un cadre sans histoire, qui en sortant d'une soirée entre copains n'a pas vu le vélo sur la chaussée devant lui, l'a percuté et a laissé pour mort le jeune garçon qui le conduisait avant de prendre la fuite.
Deux histoires qui se répondent, Deux vies brisées, Deux faces d'une même douleur.
On les suivra dans les jours, les mois, les années suivant ces drames, confrontés à la machine judiciaire, prisonniers de leur colère et de leur culpabilité, broyés à jamais par les conséquences de ces quelques minutes d'inattention. Jusqu'à ce que la vie les mette face à face ...
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Dans ce roman, tout est dans la nuance, et c’est toute sa force. Et je gage que vous penserez longtemps à cette histoire une fois la dernière page tournée.
Mathieu Menegaux y plante des personnages ordinaires, des gens comme vous et moi auxquels on pourrait s'identifier, deux personnages qui avant le drame auraient pu se ressembler. Une mère semblable à celle que l’on pourrait être, et surtout un accusé qui n’a rien d’un monstre. Juste "un humain qui commet un acte monstrueux" et qui en quelques secondes voit sa vie basculer. Alternativement, on suit la douleur et la fureur de cette mère confrontée à la permanence de sa peine, son incompréhension face à l’insensibilité de la machine judiciaire, son impuissance terrible. Y répond l'incrédulité de cet homme face à la peine qu’il se voit infliger, son irréversibilité, ses effets implacables. Et il est un mot qui m’a frappé. « Peine ». Un même mot pour deux réalités mais qui finalement se rejoignent car elle constitue pour les deux une sanction bien trop lourde à porter, et qui les marque au fer rouge.
Cette lecture m'a fait m'interroger. Beaucoup. Sur la question de la justice, sa lenteur, sa lourdeur, sa capacité à rendre des jugements proportionnés. Sur la question de la privation de liberté, de l'emprisonnement, est-elle la peine la plus appropriée, contribue t-elle à réparer et permet-elle la réhabilitation? Sur la question du pardon, enfin, centrale et primordiale. Peut-on pardonner l'impardonnable, et peut-on se pardonner d'avoir commis l'irréparable? En refermant ce roman, la question demeure, difficile de trancher sans y être soi même confronté, mais elle a le mérite de nous permettre un examen de conscience que j'espère n'avoir jamais à formuler.
Comment continuer à vivre quand sa fille est tuée par un chauffard, comment continuer à vivre, quand on est condamné à une peine injuste ?
Deux narrations : celle d’Anna, elle a perdu sa fille, Lucie et celle de Paul, qui a tué un adolescent en scooter et qui est condamné à la prison ferme.
Deux histoires différentes, mais un même délit perçu par la partie civile et par le coupable.
Anna ne comprend pas, n’accepte pas que le chauffard de Lucie, soit condamné à une peine si légère. Même pas de prison, le bracelet électronique uniquement, bien au chaud chez lui, avec les siens. Qu’en est-il de la victime ? De sa fille que la justice ne considère pas…
« Anna avait hurlé sa rage et son mécompréhension face à un tel déséquilibre. D’un côté, le tueur d’enfant laissé libre, de l’autre des parents endeuillés à qui la justice n’avait accordé ni explication, ni considération. »
De plus, elle se sent coupable : pourquoi l’avoir laissée revenir en vélo de nuit. Pourquoi ne pas l’avoir récupérée en voiture ? Rien de tout cela ne serait arrivé. « Lucie serait encore en vie si elle avait été une meilleure mère. »
Paul, lui, est un chauffard, condamné à 7 ans de prison. De prison ferme, pas avec sursis. Il comprend sa faute, il la regrette amèrement et surtout sincèrement. « Il est temps que le châtiment vienne, que j’expie pour espérer une nouvelle vie, une vie après les remords, les peines, et la peine que va m’infliger la justice. »
Mais pourquoi, 7 ans ? Son avocat lui explique qu’il a sans doute été condamné à titre d’exemple, après l’accident provoqué par un célèbre humoriste qui conduisait sous le coup de stupéfiants.
Pourquoi le même délit entraîne-t-il des peines si différentes ?
Mathieu Menegaux détaille avec précision et sensibilité, le fonctionnement de la justice, ses procédures, ses délais qui broient les familles des victimes.
Une justice bien imparfaite, codifiée, rigide, où la place de la victime est négligée, voire occultée. « Cela voudrait dire que la vie de ma Lucie ne valait rien ? »
Pourtant Anna est accompagnée par un avocat, très empathique, qui maîtrise ce type de dossier. Il la conseille au mieux : « Aucune condamnation ne pourra apaiser votre douleur de mère. Le procès est essentiel, mais il ne réparera rien. Vous avez perdu votre fille, il n’est pas de malheur plus affreux, il n’y a rien de plus injuste et aucune peine de prison, aucune déportation au bagne, aucune flagellation en place publique, aucune compensation financière, rien ne vous la rendra. (…) Mais le procès ne sera qu’une étape dans la seule voie qui se présente à vous : celle de l’acceptation. Votre fille est décédée, mais devez continuer à vivre. A vivre avec. »
La Justice, avec un J majuscule, et des peines injustes. Comment continuer à vivre sans comprendre, sans pouvoir pardonner ? Pardonner, se pardonner, essentiel pour continuer à vivre.
L’auteur traite également avec beaucoup de justesse, la question du sens de la prison : « Qu’est-ce que je fais en prison ? C’est absurde. Un non-sens. Je n’y apprends rien, on n’y corrige rien et on ne protège personne, parce que je ne crois pas représenter un quelconque danger pour la société. »
Une prison où l’homme devient un n° d’écrou, perd sa dignité et son intégrité.
Une justice déshumanisée pour les uns et les autres.
Peut-être que la solution pour les uns et les autres se trouve dans la « justice restaurative : « Une justice qui aide à réparer, pas juste à sanctionner. »
Anna et Paul vont se rencontrer, essayer de parler ensemble, d’écouter l’autre…
« Une unique rencontre entre une victime et un auteur, liés par un crime de même nature (…) mais sans aucun lien entre eux. »
Un face à face aussi terrible que sincère…
Un passionnant et bouleversant roman choral, parfaitement documenté comme le sont tous les romans de l’auteur.
Mon premier coup de cœur de la RL 2025.
Une femme. Un homme. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer si leur vie n’avait pas été déchirée par un accident de la route.
Elle, Anna, a perdu sa fille, fauchée par un automobiliste.
Lui, Paul, a pris le volant un soir et a tué un jeune homme.
Le lecteur va suivre ces deux personnages, dont la vie ne sera plus jamais la même. Il va suivre les procès, va partager leur peine, leur sidération, l’incompréhension, la déchéance humaine.
Ils ne se seraient jamais rencontrés s’ils n’avaient pas eu connaissance d’une nouvelle forme de justice comme ultime solution pour se reconstruire : la justice restaurative.
Ce roman m’a pris aux tripes du début à la fin, il m’a écarté le cœur, il m’a bouleversée et m’a mise face aux dangers de la route, à la justice qui n’est pas toujours celle qu’on attend.
Mathieu Menegaux oblige le lecteur à regarder la vérité en face, même si elle fait mal, même si elle blesse. Il nous démontre que ce n’est pas parce qu’un homme commet un acte monstrueux qu’il reste un monstre, il nous donne une définition, sa définition du pardon.
Un roman que je n’oublierai jamais, comme tous les romans précédents de cet auteur. Un gros coup de cœur, un gros coup de poing de cette rentrée d’hiver.
Mathieu Menegaux oppose dans son Impardonable deux faces d’un même problème, le délit de fuite après un accident de la route et décès de la victime.
Anna est une mère éplorée qui vient de perdre sa fille Lucile dans un accident de la route avec délit de fuite. Antoine est son mari. La rage vengeresse habite son cœur.
Paul Dufourcq, ex-directeur financier, est accusé d’un accident de la route ayant entraîné le décès d’un adolescent avec délit de fuite et possible alcoolémie. Lui est complètement conscient de son geste. Il a déjà perdu son travail. Sa femme va le quitter au moment du délibéré de son procès. Prison ou pas, il porte déjà toutes les conséquences de ses actes.
Entre vengeance et repentir, Mathieu Menegaux place son lecteur dans une position impossible. Car, tour à tour, comme l’alternance des chapitres, le lecteur oscille entre deux identifications, celle a Anna et celle à Paul.
L’attente du procès, puis celui-ci, projette Anne dans les affres de sa rage et son ressentiment. Du quotidien d’une maison d’arrêt puis d’une centrale, Paul raconte son quotidien, sa solitude, sa demande de pardon qu’il répète inlassablement la nuit dans sa cellule mais qu’il n’a pas su dire au procès.
Seulement Mathieu Menegaux à un autre combat pour livrer son lecteur à l’âpreté d’une telle situation. Peut-être une volonté que la justice ne soit pas uniquement punitive. Et, surtout l’envie de redonner à chacun leur dignité humaine.
Chronique illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2025/01/06/mathieu-menegaux-impardonnable/
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