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Sigolene Vinson

Sigolene Vinson

Sigolène Vison est journaliste à Charlie Hebdo et romancière. Elle a publié plusieurs romans dont Le Caillou et Courir après les ombres.

crédit photo BRUNO KLEIN

 
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Sigolène Vison est journaliste à Charlie Hebdo et romancière. Elle a publié plusieurs romans dont Le Caillou et Courir après les ombres.

crédit photo BRUNO KLEIN

 

Articles en lien avec Sigolene Vinson (4)

Avis sur cet auteur (32)

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    Couverture du livre « Substance » de Sigolene Vinson et Philippe Kleinmann aux éditions Editions Du Masque

    Yv Pol sur Substance de Sigolene Vinson - Philippe Kleinmann

    Cush Dibbeth et Benjamin Chopski ont déjà sévi dans le très bon Bistouri blues, ici chroniqué. En ce jour, je me fais un plaisir de parler de leur deuxième aventure. Ce roman happe le lecteur dès le départ et ne le lâche plus au long des 443 pages. L'enquête est complexe et Cush Dibbeth en parle...
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    Cush Dibbeth et Benjamin Chopski ont déjà sévi dans le très bon Bistouri blues, ici chroniqué. En ce jour, je me fais un plaisir de parler de leur deuxième aventure. Ce roman happe le lecteur dès le départ et ne le lâche plus au long des 443 pages. L'enquête est complexe et Cush Dibbeth en parle mieux que moi : "On bosse, je t'assure, fit Cush en s'asseyant. Le problème, c'est que l'enquête part dans tous les sens. Nous sommes en même temps sur des règlements de comptes entre dealers et la disparition de Zemmour, de putes et de clochards." (p.119) Rien à ajouter si ce n'est que la disparition de Zemmour ne concerne pas le prénommé Éric, ce qui est fort dommage, il nous ferait des vacances à en prendre de longues, très longues voire interminables (et dans interminables, il y a inter, bien sûr). Pouf, pouf. Revenons à notre enquête, Cush patauge et on le comprend on n'aimerait pas être à sa place, nous lecteurs qui en savons bien plus que lui, étant à la fois dans le clan Zemmour, dans la tête du chirurgien fou, dans celle de Benjamin et au cœur de l'enquête des flics.

    P Kleinmann et S Vinson en mettant en scène un cartel mexicain ne font pas dans la demi-mesure ni dans la légèreté. La guerre pour le règne sur la drogue et les putes est sans merci, jusqu'à ce que mort et perte du clan rival s'en suivent ; ça défouraille à la moindre provocation, ça fait dans la délivrance de pruneaux et sans ordonnance même lorsque le lieu choisi est l'hôpital public. La violence est mise en scène, exagérée et elle fait rire ou sourire -en espérant que de telles scènes ne deviennent pas réalité dans les rues parisiennes.

    Comme dans Bistouri blues, il est encore beaucoup question de médecine, ce qui peut rendre le livre encore plus glaçant, pour les trouillards comme moi qui, dès que l'on parle de piqure ou d'opérations, pâlissent. Les deux auteurs en profitent pour défendre la notion de service public de la santé mise à mal par les différentes politiques successives, ils rendent hommage aux personnels divers et à leurs grandes capacités et réactivité.

    Un roman très maîtrisé qui ouvre pas mal de portes (il serait trop long ici de parler de Flore la sœur des caïds parisiens, de la GunInc une compagnie d'assurance très particulière, de Mme Georges une anatomopathologiste séduisante, d'Aurore la nouvelle recrue de l'équipe de Cush, du jazz, Chet Baker en particulier écouté tout au long du livre par divers intervenants, ...) et n'oublie pas de toutes les refermer en fin de volume de sorte que l'on ne reste pas avec une question sur une situation ou un personnage même secondaire oublié au fil des pages. Les courts chapitres s'enchaînent, alternant les points de vue rendant la lecture très agréable et rapide, on en oublie la grosseur du volume parce le marque-page se déplace très vite en son sein. Pas toujours très moral, mais je ne serai pas le premier à blâmer untel ou untel de faire des choix audacieux et difficiles. Une très belle réussite que cette série, vivement la suite..

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    Couverture du livre « Le caillou » de Sigolene Vinson aux éditions Le Tripode

    Yv Pol sur Le caillou de Sigolene Vinson

    C'est un roman un peu étrange d'une femme qui végète et se laisse mourir à Paris et revit en Corse, sur les côtes du sud d'Ajaccio, à Coti-Chiavari, près du Capo di Muro. Un coin tellement bien décrit tant dans ses décors, ses paysages, ses lumières et ses senteurs qu'une envie irrésistible d'y...
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    C'est un roman un peu étrange d'une femme qui végète et se laisse mourir à Paris et revit en Corse, sur les côtes du sud d'Ajaccio, à Coti-Chiavari, près du Capo di Muro. Un coin tellement bien décrit tant dans ses décors, ses paysages, ses lumières et ses senteurs qu'une envie irrésistible d'y aller naît en tout lecteur. La Corse est sublime, je le sais pour n'y être jamais allé et pour avoir beaucoup entendu, lu et vu sur cette île.

    C'est un roman sur le sens de la vie, sur les raisons qui poussent chacun d'entre nous à vivre avec les autres : l'amour, l'amitié, une passion, un rêve à réaliser, ... Des vies simples mais pleines, pas de grandes ambitions ou des souhaits de notoriété, non juste vivre en harmonie avec soi-même.

    C'est un roman sur l'art ou comment les sculptures qui nous viennent des l'Antiquité sont presque plus vivantes que certains hommes. Comment la volonté de créer fait (re)vivre, exister à ses yeux et à ceux d'autrui.

    C'est un roman d'amour pour celui que la narratrice attend et qui ne vient pas, alors il lui faudra vivre avec d'autres qu'elle aimera itou. Moins fort ? Pas sûr, mais différemment, l'être idéalisé ne se confrontant évidemment jamais à la réalité, au quotidien.

    C'est un roman bien écrit, entre humour du désespoir, mélancolie, envie malgré tout de vivre. Phrases assez courtes, des dialogues, on est dans la tête de la jeune femme qui, avant de partir en Corse se laisse solidifier pour devenir caillou. Le style est très évocateur, on voit les paysages corses, on sent les odeurs tant celle de l'humidité et de pourriture de l'appartement de Monsieur Bernard que celles des arbustes qui ornent le chemin corse qu'elle emprunte chaque jour : lentisque, myrte et figuier. Je vous le disais plus haut, ne reste plus qu'à aller vérifier tout cela sur place.

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    Couverture du livre « J'ai déserté le pays de l'enfance » de Sigolene Vinson aux éditions Plon

    Claire Meunier sur J'ai déserté le pays de l'enfance de Sigolene Vinson

    Dans cette autofiction, Sigolène Vinson confronte ses rêves, ses idéaux d'enfant à la réalité de sa vie d'adulte, au métier d'avocat qu'elle exerce. Ce livre raconte son "burn-out", cette sorte de crise existentielle qui l'a amenée à être hospitalisée en psychiatrie et à se replonger dans ses...
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    Dans cette autofiction, Sigolène Vinson confronte ses rêves, ses idéaux d'enfant à la réalité de sa vie d'adulte, au métier d'avocat qu'elle exerce. Ce livre raconte son "burn-out", cette sorte de crise existentielle qui l'a amenée à être hospitalisée en psychiatrie et à se replonger dans ses souvenirs des lieux et personnes de son enfance à Djibouti. L'auteur nous livre ses doutes, ses douleurs, son malaise face à son métier qui l'oblige parfois à aller à l'encontre de ses idées (défendre des employeurs alors qu'elle a choisi le droit du travail pour défendre les salariés) et au dela de son histoire personnelle, ce sont des thèmes universels qui sont abordés et qui peuvent tous nous toucher.

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    Couverture du livre « J'ai déserté le pays de l'enfance » de Sigolene Vinson aux éditions Plon

    Jacques Teissier sur J'ai déserté le pays de l'enfance de Sigolene Vinson

    Sigolène Vinson a déjà écrit deux bons romans avec Philippe Kleinmann : Bistouri Blues et Double Hélice, polars historiques ou polars d’action et de suspense. Avec j’ai déserté le pays de l’enfance elle nous présente un roman beaucoup plus personnel, à la fois court et foisonnant, un roman...
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    Sigolène Vinson a déjà écrit deux bons romans avec Philippe Kleinmann : Bistouri Blues et Double Hélice, polars historiques ou polars d’action et de suspense. Avec j’ai déserté le pays de l’enfance elle nous présente un roman beaucoup plus personnel, à la fois court et foisonnant, un roman dont les thèmes s’entrecroisent, se mêlent et se conjuguent dans une grande élégance de style et une évidente subtilité dans la narration.

    Sur la couverture du livre est bien inscrit le mot « roman », et le fait que celui-ci s’apparente au genre de l’autofiction n’est pas d’une grande importance. Après tout, un romancier, même s’il ne puise pas directement dans sa propre vie l’essentiel de sa matière romanesque – comme c’est le cas pour l’autofiction - marque toujours ses écrits de ses expériences diverses, de sa personnalité, de sa vision du monde, de ses rencontres. Dans ce domaine, tout est affaire de degré et de volonté affirmée d’exprimer clairement (ou non) son choix de romancier. Ici, l’auteur déplace le curseur vers sa vie passée et présente, ses souvenirs, ses obsessions, ses angoisses et ses projets. Elle en fait un « matériau littéraire » qui parvient, par la grâce de son écriture et l’habileté de sa construction, à toucher le lecteur, à le pousser vers une réflexion sur son rapport avec sa propre enfance, à le faire s’interroger sur ce qu’il a fait de sa vie, de ses rêves d’enfants, à l’amener à se pencher sur l’abîme qui s’est creusé entre celui qu’il voulait être et celui qu’il est devenu, celui qu’il croit être et celui que les autres voient.

    Le premier thème, fortement exprimé, porte sur le rapport à l’enfance. La narratrice a passé celle-ci dans la Corne de l’Afrique, à Djibouti, un pays qu’elle a ensuite déserté et dont elle est restée orpheline. A la suite d’un malaise lié à la fois à des difficultés professionnelles et à un mal être suscité par la société dans laquelle elle vit, aux antipodes de celle qu’elle souhaiterait, elle ressent le besoin incoercible de laisser remonter dans sa mémoire les lieux et les personnages de son enfance. Ces souvenirs sont mêlés à l’expérience psychiatrique qui survient après son malaise où elle est envoyée dans un Centre d’accueil permanent (le Cap), ils reviennent par vague successives au fil de ses rencontres avec les pensionnaires, les soignants, parfois sa mère.

    Le rapport au père – et indirectement à la politique- est l’autre thème abordé par le roman. Un père auquel elle voue une admiration évidente même si elle reste informulée explicitement. Un père dont les choix politiques passés (Mitterrand en 1981, puis la rupture avec le P.S. après le reniement des choix du programme commun de 1983) ont influencé son propre parcours en encrant ses convictions à la gauche de la gauche et en mettant au cœur de sa vie l’engagement politique et social. Le thème est abordé avec délicatesse, en trompe-l’œil. Le père de la narratrice n’apparaît que rarement mais il est toujours présent dans ses choix de vie, ses pensées, les difficultés qu’elle rencontre alors que, avocate, elle a choisi le droit du travail pour pouvoir défendre les salariés et se mettre ainsi en accord avec ses convictions politiques anticapitalistes. Elle vit mal les contradictions qui apparaissent dans l’exercice de son travail entre son désir de défendre les salariés et certaines des affaires dont elle est chargée par ses patrons. Puisqu’il faut bien manger, elle défend parfois des employeurs, et tente dans ce cas de se « racheter par ailleurs ». Ces contradictions entre son travail et ses choix de vie fondamentaux ne sont pas faciles à vivre. Sont-ils à l’origine du malaise qui l’a conduit en psychiatrie ? Y a-t-il une autre cause liée à l’enfance et ce qu’elle peut vivre comme un reniement de celle-ci ? A Djibouti, aux pécheurs de Goddoria si longtemps oubliés, aux multiples détails qui ont forgé son imaginaire de petite fille ? Là se situe le cœur du roman, son objet et la quête de la narratrice, une quête qu’elle tente de résoudre en retournant au pays de son enfance, Djibouti.

    Raccrocher cette histoire si personnelle à des thèmes universels, pouvant toucher tous les lecteurs, était un défi difficile à relever. Sigolène Vinson y parvient de façon magistrale, en laissant palpiter ses douleurs, ses rêves, ses joies et ses souvenirs enfouis, en parvenant à les faire nôtres à travers son écriture incisive, poétique et drue, en allant chercher sa vérité au plus près de ses mots, de ses descriptions, de ses réflexions. Elle nous prouve, à travers ce court roman et la petite musique lancinante de ses phrases, qu’une véritable romancière est née, capable de faire se rejoindre le particulier et l’universel dans un carrousel incessant et poignant qui mêle souvenirs et projets, rencontres et regrets, colères et tristesses.

    Un grand roman, qui devrait marquer la rentrée littéraire, une grande voix à découvrir !

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