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J'avais beaucoup aimé "Dans la forêt", cette plongée dans la nature aux côtés d'Eva et de Nell. "Le Temps d'après" en est la suite avec Burl, le bébé né à l'intérieur d'une souche creuse d'un immense séquoia il y a quinze ans.
« Je suis né à l'intérieur de cette souche sous un ciel pépiant d'étoiles, avec mes deux mères accueillant mon arrivée dans des transes de joie. Alors que la Forêt et tous ses exhalants et autres inhalants d'oxygène se penchaient pour écouter, mes mères m'ont dit que j'étais le dernier venu dans un monde si différent de celui où elles avaient vu le jour qu'elles n'avaient que des ignorances sur ce que ma vie serait. »
L'histoire nous est contée à la première personne par ce désormais adolescent qui n'a connu que la vie en forêt avec ses deux mères, Eva et Nell. Jean Hegland a donc imaginé sa vision du monde et inventé une forme de langage, ce qui peut surprendre au départ (j'en profite pour féliciter le travail de traduction de Josette Chicheportiche). Vous aurez besoin, peut-être comme moi, de quelques pages pour vous y habituer même si le texte n'est pas rendu difficile pour autant. C'est seulement un peu déconcertant au départ mais cela permet de s'ancrer plus précisément dans leur monde.
En effet, cet « Enfant de la Forêt », ce « Garçon Arborescent », est à l'âge de la découverte et des nouvelles sensations. C'est pourquoi, lorsqu'il va apercevoir au loin, au pied de la montagne, une lumière inhabituelle, il va désirer en savoir davantage. Ce feu va réveiller en lui une envie de rencontrer des Gens, car il n'en a jamais vu d'autres qu'eutrois et il en a entendu parler uniquement dans les histoires et les contes que ses mères lui racontent depuis toujours.
Si "Dans la forêt" nous propulsait dans un monde proche du nôtre, où l'effondrement en était à ses prémices et où les personnages avaient connu la société telle que nous la connaissons aujourd'hui (le « monde d'Avant » dans le texte), "Le Temps d'après" va encore plus loin en offrant un pan science-fictionnel où les Hommes ont tout perdu et où l'eau vient réellement à manquer dû à la sécheresse qui sévit fortement.
« Mes mères disent que j'ai reçu la plus étrange éducation qu'on pourrait jamais imager - un enfant dont les deux mères sont sœurs, et les seuls êtres humains vivants qu'il a jamais connus. Elles disent aussi que l'époque actuelle est des plus étranges - noutrois vivant dans et de et avec notre Forêt comme si aucune civilisation n'avait jamais existé - ni la civilisation babylonienne ou romaine, ni la civilisation maya ou chinoise, ni la civilisation précolombienne ou la civilisation occidentale - ou aucune des autres dont mes mères m'ont raconté l'histoire. Mais ma vie ne me paraît pas étrange. Au contraire, je trouve que c'est le monde d'Avant qui était étrange, quand les gens mangeaient des choses qu'ils n'avaient jamais vues vivantes, qu'ils voyageaient en restant assis et pouvaient passer toute leur vie entassés dans des villes où il leur était impossible de toucher la Terre ou de voir les étoiles. Ou quand ils chiaient dans de l'eau et se servaient de papier-arbre pour essuyer leur trou. J'ai été élevé dans une Forêt vivante avec des arbres et des étoiles et des histoires, qu'est-ce qu'il y a d'étrange à cela ? »
Si les cinquante premières pages ne m'ont pas spécialement emportée - le temps de la mise en place de l'histoire et du personnage de Burl -, j'ai beaucoup aimé la suite qui était plus rythmée et qui mettait le doigt sur ce que ce monde pouvait devenir socialement, sur les comportements que la population pourrait adopter face au chaos, mais aussi et surtout sur la vision imagée et fantasmée d'un Burl pur qui comprend davantage le langage de la nature que celui de ses contemporains.
D'autre part, comme l'explique l'autrice en fin d'ouvrage, la traduction française n'a pas permis une langue non genrée comme c'est le cas sur la version en anglais, en raison de la complexification de la compréhension pour les lecteurs, à cause des pronoms, etc. « Nous avons eu peur qu'elle ne rende le reste de l'histoire inintelligible. » Voici l'explication de ce choix au départ : « [...] j'aimais bien que la langue de Burl soit la conséquence naturelle de sa "vie dans la forêt" et je me suis également rendu compte que cette occasion inattendue que m'offraient ces prénoms non genrés me permettaient d'étudier comment les pronoms genrés que nous utilisons en anglais peuvent influencer l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes et des autres. »
En bref, "Le Temps d'après" est une histoire singulière pleine de contes, d'imaginaire mais également de fracas à la réalité qui se pose dignement et avec force en suite du best-seller qui nous avait déjà, vingt ans plus tôt, embarqué au plus proche de la nature, de ses émerveillements, de sa simplicité mais également de sa vulnérabilité.
Sur mon blog : https://ducalmelucette.wordpress.com/2025/02/19/lecture-le-temps-dapres-de-jean-hegland/
Quinze ans après l’effondrement de la civilisation, Burl est élevé en pleine nature par ses deux mères. Il a grandi dans un isolement quasi total, loin des vestiges du Temps d’Avant. Leur quotidien est rythmé par la chasse, la cueillette, la danse, la musique et les histoires racontées au coin du feu. Eva et Nell, profondément attachées à leur forêt protectrice, évitent tout contact avec d’autres humains. Cependant, Burl, désormais adolescent, est animé d’une curiosité insatiable pour ses semblables, qu’il ne connaît qu’à travers les récits de ses mères. Une nuit de solstice, depuis le sommet d’une montagne, il aperçoit une lueur qui semble être un feu d’origine humaine.
Le Temps d’Après est la suite tant attendue du roman Dans la forêt. Jean Hegland nous offre ici une réflexion profonde sur la nature humaine, l’isolement, la curiosité et le besoin de se connecter aux autres. La forêt, omniprésente, est un personnage à part entière, symbole de vie, de protection et d’inconnu. À travers le parcours initiatique de Burl, l’auteur interroge notre rapport à la nature et notre responsabilité dans sa destruction vis-à-vis des générations futures.
Burl, le narrateur, utilise un dialecte savoureux, avec ses propres mots et des expressions inspirées de la culture orale de ses deux mamans. Il vit en harmonie avec la nature, à l’écoute de tout ce qu’elle peut lui apprendre.
Jean Hegland dépeint avec justesse la relation fusionnelle, entre les deux sœurs et leur fils, joliment nommée « les Noutrois ». Si le récit est un peu lent, on se laisse vite emporter par la beauté de l’écriture de l’auteure.
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