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Leah Touitou

Leah Touitou
Léah fait ce qu'elle préfère dans la vie : dessiner, raconter, regarder les gens. Après plusieurs années de voyages itinérants, Léah publie deux albums de BD-carnet de voyage sur le Sénégal, Café Touba et Sunu Gaal (Jarjille). Elle travaille également comme scénariste/story-boardeuse ... Voir plus
Léah fait ce qu'elle préfère dans la vie : dessiner, raconter, regarder les gens. Après plusieurs années de voyages itinérants, Léah publie deux albums de BD-carnet de voyage sur le Sénégal, Café Touba et Sunu Gaal (Jarjille). Elle travaille également comme scénariste/story-boardeuse (Julie et les oiseaux, Somaliland). Elle a publié plusieurs numéros de la revue BD Les Rues de Lyon, et collabore avec le journal indépendant La Brèche. Elle enseigne le scénario à l'école Brassart Lyon.

Avis sur cet auteur (2)

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    Couverture du livre « Le choeur des sardinières » de Leah Touitou et Max Lewko aux éditions Steinkis

    Calimero29 sur Le choeur des sardinières de Leah Touitou - Max Lewko

    Douarnenez, 1924, le port sardinier français avec pas moins de 23 conserveries. Nous suivons la grève déclenchée, le 21 novembre 1924, par les ouvrières de l'usine de métallurgie qui fournit les boites où sont rangées les sardines suite au renvoi sans salaire de femmes ayant chanté 'Saluez,...
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    Douarnenez, 1924, le port sardinier français avec pas moins de 23 conserveries. Nous suivons la grève déclenchée, le 21 novembre 1924, par les ouvrières de l'usine de métallurgie qui fournit les boites où sont rangées les sardines suite au renvoi sans salaire de femmes ayant chanté 'Saluez, riches heureux", jugé subversif par les patrons. La grève s'étend rapidement aux sardinières (penn-sardin), aux pêcheurs, à la biscuiterie, la filature pour un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail. Elle durera 47 jours, obtiendra le soutien du mère communiste de Douarnenez, en tête des manifestations, l'appui du syndicat communiste CGTU, sera soutenue par des dons et de la nourriture. Un accord sera finalement signé le 6 janvier 1925 après un épisode de violence qui réveille l'état qui s'en mêle.
    Je ne pouvais passer à côté de cette BD pour deux raisons : la Bretagne, bien sûr mais aussi pour le combat des femmes pour plus de liberté, d'égalité, de respect. L'épisode de la révolte des sardinières est très connu en Bretagne et est un motif de fierté.
    Nous suivons le mouvement social mais aussi la vie de Mona, une sardinière mariée à un pêcheur, deux filles, qui attend un troisième enfant et héberge sa mère, ancienne sardinière, blessée, qui ne peut plus travailler. Nous sommes témoins des conditions de vie misérables, obligeant Mona à envoyer sa fille aînée travailler à l'usine à 10 ans. le mari, épuisé par les sorties en mer, va souvent boire sa paye au bistrot.
    La révolte est très bien racontée avec l'amplification du mouvement, la volonté de ne rien lâcher. Les auteurs nous décrivent tout le processus qui mènent les sardines de l'océan aux boîtes de conserve mais aussi les conditions inhumaines dans lesquelles travaillent les femmes : cadences infernales, salaire de misère, attente non payée du retour des bateaux, retenue sur salaire lorsque les contremaîtresses trouvent que le travail n'est pas assez bien fait. La révolte est accompagnée du chant "Saluez, riches heureux" qui devient le cri de ralliement des grévistes.
    Ce mouvement a permis aux femmes de s'exprimer dans leur travail mais aussi dans leur couple. Une femme est élue pour la première fois au Conseil Municipal mais cette élection sera invalidée en novembre 1925 au prétexte qu'elle était une femme. le chemin sera encore long jusqu'au droit de vote mais toutes ces femmes auront apporté leur pierre à l'édifice.
    Pas de couleurs vives, symboles de gaîté et de joie dans cette BD, plutôt des pastels, des couleurs bleu-gris à l'image de la vie à Douarnenez à cette époque et du ciel de Bretagne. Les dessins de foule sont très évocateurs et donnent une impression de puissance.
    Une chronologie et un petit lexique de breton pour les mots utilisés complètent utilement cette fresque sociale passionnante.
    Cette BD est un bel hommage aux Bretonnes et Bretons et c'est bien que les auteurs se soient emparés de ce sujet peu connu ailleurs qu'en Bretagne pour le faire découvrir ailleurs.
    #LeChoeurdessardinières #NetGalleyFrance

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    Couverture du livre « Le choeur des sardinières » de Leah Touitou et Max Lewko aux éditions Steinkis

    bulle.noire sur Le choeur des sardinières de Leah Touitou - Max Lewko

    Douarnenez, 1924
    Ici, c'est la sardine. Les hommes sont marins, les femmes sont sardinières. Pour les enfants, ce sera pareil, dès 12 ans. Il y a 23 conserveries à Douarnenez. Le travail y est intense et très mal payé. La vie au quotidien est dure, faite de privations pour Mona et sa famille....
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    Douarnenez, 1924
    Ici, c'est la sardine. Les hommes sont marins, les femmes sont sardinières. Pour les enfants, ce sera pareil, dès 12 ans. Il y a 23 conserveries à Douarnenez. Le travail y est intense et très mal payé. La vie au quotidien est dure, faite de privations pour Mona et sa famille. Sa fille Soazig, dix ans, doit même aller travailler à l'usine, elle aussi. Jusqu'au jour où la conserverie décide de se mettre en grève...

    "L'installation rampante d'une dictature communiste."
    Léah Touitou raconte une des premières grandes grèves ouvrières de l'Histoire. Un mouvement essentiellement féminin dans lequel Mona, contre l'avis de son mari, va s'investir, pour oser imaginer qu'un autre avenir est possible. La grève dure, la solidarité s'installe et les revendications finissent par remonter jusqu'à Paris.

    On croise au cours de ce périple social des figures comme Flanchec, le maire communiste de la ville, qui soutiendra, au prix de son sang, la grève des sardinières. On y croise aussi une certaine Joséphine Pencalet, une des premières femmes élues au conseil municipal mais dont l'élection sera invalidée.. Max Lewko représente ce récit avec beaucoup de vie et de bonhomie, tempérant un peu l'aspect documentaire. Si la colorisation est grise et salée, ce sont surtout les femmes qui sont mises, à juste titre, en avant.

    Des battantes qui finiront par obtenir gain de cause et dont l'action résonnera dans les ports bretons pendant quelques années. Cet accord de Douarnenez, qui a été un tournant décisif dans le mouvement ouvrier, méritait bien une bande dessinée.

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