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Jean-Francois Beauchemin

Jean-Francois Beauchemin
Né en 1960 à Drummondville, au Québec, Jean-François Beauchemin travaille d'abord comme rédacteur puis comme réalisateur à Radio-Canada, avant de publier des romans. En 2004 paraît Le Jour des corneilles, récompensé par le prix France-Québec. La même année, il est terrassé par une v... Voir plus
Né en 1960 à Drummondville, au Québec, Jean-François Beauchemin travaille d'abord comme rédacteur puis comme réalisateur à Radio-Canada, avant de publier des romans. En 2004 paraît Le Jour des corneilles, récompensé par le prix France-Québec. La même année, il est terrassé par une violente maladie qui le plonge dans le coma. À la suite de ce face-à-face avec la mort, il écrit La Fabrication de l'aube (prix des Libraires 2007 au Québec), récit autobiographique dans lequel il raconte ce qu'il considère comme une résurrection et sa conversion spirituelle.

Avis sur cet auteur (21)

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    Couverture du livre « Le roitelet » de Jean-Francois Beauchemin aux éditions Quebec Amerique

    Marie Jouvin sur Le roitelet de Jean-Francois Beauchemin

    Jean-François Beauchemin, auteur québécois aux nombreux prix littéraires – notamment France-Québec 2005 pour Le Jour des corneilles, ne mériterait même plus qu’on le présente après plus de vingt-cinq ouvrages mêlant romans et recueils de poésie. Le Roitelet, paru en 2021 aux éditions...
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    Jean-François Beauchemin, auteur québécois aux nombreux prix littéraires – notamment France-Québec 2005 pour Le Jour des corneilles, ne mériterait même plus qu’on le présente après plus de vingt-cinq ouvrages mêlant romans et recueils de poésie. Le Roitelet, paru en 2021 aux éditions Québec-Amérique, ne déroge pas aux thèmes que l’auteur aime particulièrement aborder dans sa bibliographie et c’est non sans joie et émotion que l’on retrouve ce pour quoi l’écrivain originaire de Drummondville semble en partie écrire : toute la relativité du réel et de l’esprit.

    Le narrateur mène une vie paisible d’écrivain à la campagne avec sa femme Livia. Il se fait régulièrement visiter par son frère diagnostiqué très tôt schizophrène. Entre ses crises de paranoïa, le refus de se médicamenter et son amour inconsidéré pour les volatiles, la relation entre les deux hommes ne ressemble à aucune autre. Voguant entre amour fraternel tendre et inébranlable, nuitées philosophiques au coin du feu sur l’essence même de l’esprit humain et solitude, ils sont comme deux entités qui ne cessent de s’apprivoiser dans la vieillesse et l’existence qui suit son cours.

    Dans le Le Roitelet, il ne se passe strictement rien. Nul rebondissement, péripétie, élément déclencheur de catastrophe ou quoi que ce soit d’autre et c’est en cela que réside toute la profonde beauté de ce court récit. Le narrateur expose son quotidien ponctué de ses écritures, ses conversations sur l’âme et la réalité avec son frère ou encore l’affection sans faille éprouvée pour sa femme depuis toutes leurs années de relation. Comme souvent chez Jean-François Beauchemin, l’extrême mélancolie du temps qui passe se fait poésie sous les mots de l’écrivain qui glisse dans un crépuscule ou un chant d’oiseau la beauté de l’instant présent qui jamais ne reviendra. C’est avec ce même lyrisme qu’il initie la maladie de ce frère, un « petit oiseau délicat » assimilé à un roitelet qui règne avec fragilité sur son minuscule royaume.

    Il y a ici l’art précieux de nommer les plus intenses émotions avec les mots justes, à créer une atmosphère où la violence des actes ne résiste jamais longtemps à la force de la filiation. C’est une contemplation du monde quotidiennement renouvelée et une observation de l’autre absolument merveilleuse. Jean-François Beauchemin met au service de son lecteur toute sa philanthropie littéraire menée à la fois par une simplicité absolue et une subtile étude. Autour de ce frère malade qui « utilise des mots rares ou compliqués », la nature se dresse grandiose et onirique, elle « répandait partout sa lumière traversée d’or et de cuivre » comme le mentionne l’écrivain. Cette palette de tons bucoliques donne au récit une grâce rare qui sublime toute chose qui passerait en elle.

    Ce qui est rassurant, c’est bel et bien de savoir que la bibliographie entière de l’écrivain québécois porte en elle les détails d’un monde lyrique empreint d’une didactique de l’âme omniprésente. On se surprend à rêver au cœur même de l’extrême tristesse d’un instant, c’est peut-être ça le vrai génie de son écriture.

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    Couverture du livre « Le jour des corneilles » de Jean-Francois Beauchemin aux éditions Libretto

    Chantal YVENOU sur Le jour des corneilles de Jean-Francois Beauchemin

    Au cœur de la forêt, à distance du village, le fils raconte. La vie quotidienne rude, la chasse et la cueillette pour assurer la pitance, une autarcie basée sur des connaissances de la nature parfois insuffisantes, et surtout les coups et les sévices, qui surviennent quand le père est pris par...
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    Au cœur de la forêt, à distance du village, le fils raconte. La vie quotidienne rude, la chasse et la cueillette pour assurer la pitance, une autarcie basée sur des connaissances de la nature parfois insuffisantes, et surtout les coups et les sévices, qui surviennent quand le père est pris par ses démons. La mère est morte en couches, à la naissance du narrateur, mais reste présente pour l’enfant qui dialogue avec les défunts.

    Si le sujet n’est pas neuf, (mais existe t-il des thèmes vraiment originaux ?), la manière étonne. Ce fils analphabète utilise un langage étrange, des mots inventés, ou issus d’une forme ancienne, dont on ne connaît pas l'origine . Et l’on découvre qu’il s’agit d’une façon propre de s’exprimer lorsque l’enfant se rend au village pour chercher du secours pour son père qui a fait une mauvaise chute: là, le langage des personnes auxquelles il s’adresse à tout d’une langue ordinaire.

    C’est quasiment un exercice de style que nous propose l’auteur, ce récit construit avec des néologismes incessants, et des tournures de phrases particulières, mais tout à fait compréhensibles. On s’y fait d’ailleurs assez vite, comme une langue étrangère que l’on apprivoiserait en quelques pages.

    Un court roman original, sur le thème de l’amour inconditionnel d’un fils pour son père , que n’étaye aucun langage, sinon celui de la brutalité, une survie quasiment bestiale et un comportement guidé sur l’instinct et marqué par des coups de folie furieuse.

    A découvrir pour le style et la violence des sentiments.

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    Couverture du livre « Le jour des corneilles » de Jean-Francois Beauchemin aux éditions Libretto

    Virginie Willemont sur Le jour des corneilles de Jean-Francois Beauchemin

    Tous les pédiatres vous le confirmeront, la vie au grand air a des effets bénéfiques sur le développement de l'enfant. Toutefois, il conviendra de tempérer ce jugement à la lecture de cet ouvrage, dans lequel, face au juge, le fils Courge nous livre les principes de son éducation au milieu des...
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    Tous les pédiatres vous le confirmeront, la vie au grand air a des effets bénéfiques sur le développement de l'enfant. Toutefois, il conviendra de tempérer ce jugement à la lecture de cet ouvrage, dans lequel, face au juge, le fils Courge nous livre les principes de son éducation au milieu des bois, où il vit seul avec son père veuf.
    En effet, sa femme est morte en mettant au monde ce fils. Brisé par le chagrin, le père Courge commencera par enfouir le nouveau-né dans un trou de marmotte toute une journée...avant de se raviser.
    Peu adepte des thèses de Françoise Dolto, le père, halluciné et hallucinant, va faire mener à son fils une vie d"ermite, rythmée par la chasse et la cueillette. Une existence sauvage, dure et désolée, semblable à celle des bêtes qu'ils côtoient. Régulièrement, le père est pris de crise de démence qu'il faut également gérée. Quant au fils, il a la vision des "outrepassés", notamment de sa mère, visite amicale et sereine.
    Pour le reste, la famille Courge "ne fait pas commerce avec l'humanité". Toutefois, à la faveur d'un accident, le fils fera une incursion au village pour y chercher du secours pour son père.
    Ce sera l'inévitable collision entre leur réalité et celle du monde civilisé et l'effondrement du fragile édifice mental construit par eux.
    Malgré la brutalité des relations familiales, le fils n'aura de cesse de vénérer son père et de chercher chez lui une trace d'un sentiment d'amour.
    Roman d'amour halluciné donc, à haute teneur métaphorique. Roman d'apprentissage de la vie et de la langue qui permet de retrouver une humanité et un salut.

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    Couverture du livre « Le jour des corneilles » de Jean-Francois Beauchemin aux éditions Libretto

    Teo Comparato sur Le jour des corneilles de Jean-Francois Beauchemin

    Il manque sur lecteurs.com la version papier (aux éditions Libretto), je profite donc de la version livre audio pour laisser mon avis et recommander ce magnifique livre passé quasiment inaperçu en France, sauf peut être pour Jean-Christophe Dessaint qui l'a adapté au cinéma en animé en 2012 et...
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    Il manque sur lecteurs.com la version papier (aux éditions Libretto), je profite donc de la version livre audio pour laisser mon avis et recommander ce magnifique livre passé quasiment inaperçu en France, sauf peut être pour Jean-Christophe Dessaint qui l'a adapté au cinéma en animé en 2012 et quelques journalistes et libraires. Le style "ovniesque" a lui seul fait que l'on ne ressort pas indemne de cette histoire "hallucinée" pour reprendre les termes de Martine Laval, de Télérama. Entre le Parfum de Süskind pour l'appel aux sens, lorsque "l'horreur flirte avec la grâce" et le Princesse Mononoké de Myazaki pour l'esprit de la nature.

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