A gagner : la BD jeunesse adaptée du classique de Mary Shelley !
Il est des livres qui sont dans votre PAL depuis un certain temps et qui remontent brutalement avec une actualité qui accentue l’intérêt de la lecture. C’est le cas de cette deuxième partie des « Suites algériennes » après l’emprisonnement de Boualem Sansal et le refus de la présence de Kamel Daoud (qui préface d’ailleurs ce volume) au salon du livre d’Alger.
Jacques Ferrandez (né à Alger) a un pied (et le cœur) de chaque côté de la Méditerranée et son œuvre est imprégnée de ces lieux et histoires ; que ce soit notamment avec les "Carnet d’Orient", que ceux de ses voyages (même s’il a élargi le spectre). Il combine une maitrise du dessin et une colorisation lumineuse, avec des histoires denses, profondes, sensibles … ancrées dans l’Histoire.
Il illustre ici l’Algérie post indépendance avec ses jeux de pouvoirs, les groupuscules divers et variés, … tout en racontant un retour de Paul-Yanis Aband à Alger pour une enquête (il est devenu journaliste), mais aussi, l’espoir de revoir une femme, mais qui va être kidnappé et rançonné, et une vengeance qui prend racine avant la proclamation de l’indépendance, …
L'ouvrage est fort et aide à un peu mieux percevoir certains fonctionnements, nœuds de pouvoir et corruption, clivages, censures, résistances d'aujourdhui, … tout en déclinant certains portraits des protagonistes avec leurs histoires singulières.
Quelle belle idée de faire redécouvrir ce grand classique de la littérature française en le transposant en roman graphique !
Je m’y suis plongée avec nostalgie et je suis partie à nouveau dans cette belle ville d’Alger, remontant le temps jusqu’à la période de la colonisation et de cette vie qui semblait si légère pour les français d’Algérie.
Meursault est un drôle de type qui s’intéresse très peu à ses semblables, pas plus à sa mère qui vient de mourir dans un asile pour vieillards, qu’à ses voisins d’immeuble qu’il côtoie au quotidien. Pourtant, il travaille, échange avec les autres, partage des moments de camaraderie et rencontre sur le port une jeune femme qui voudrait l’épouser.
Mais au fond, tout ça lui est bien égal et ce qui l’habite est une grande interrogation sur le but de la vie qui le condamne d’une façon ou d’une autre à mourir ?
La BD est très fidèle aux propos d’Albert Camus qui a écrit toute sa vie sur le sens de l’existence. Il y remet en cause la justice comme étant fondamentalement subjective et influencée par une normalité sociale faisant craindre à ses défenseurs que « le vide du cœur chez cet homme représente un gouffre dans lequel la société pourrait s’effondrer ».
Il y parle aussi de la peine capitale, summum de l’irrémédiable et de la religion, absurde palliatif.
Les personnages de Jacques Ferrandez sont peu amènes avec des mines sombres et des regards sévères et ils illustrent bien la façon qu’a Meursault de considérer ceux qui l’entourent, avec méfiance et désintérêt.
Mais les belles images d’Alger comme celles dramatiques du procès sont totalement immersives et j’ai été saisie par le réalisme de ces illustrations.
Je me dis en refermant cette BD que si cette période est bien lointaine, le regard des autres prend toujours une place importante avec les réseaux sociaux et qu’il n’est pas inutile de rappeler aux jeunes lecteurs la menace que représente l’intolérance.
Un roman graphique à lire et à faire lire sans hésiter.
J’ai passé un agréable moment avec cette bande dessinée, un ouvrage vraiment très enrichissant sur l’histoire de l’Algérie, si vous souhaitez en savoir plus sur cette période de la colonisation à nos jours, vous devriez aimer.
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D’ailleurs, l’auteur a plusieurs ouvrages sur le sujet, qui sont très bien documentés. Une manière différente et peut-être plus simple d’aborder l’histoire.
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Petit plus, j’ai bien aimé le coup de crayon de l’auteur, les dessins et les couleurs sont agréables à regarder, un tout qui en a fait une très bonne lecture.
L’histoire de l’Algérie prise au cœur.
Au cœur de son histoire mouvementée de 1962 à 2019 (tome 2 des 'Suites algériennes') mais surtout au cœur de Jacques Ferrandez qui, avec son art de raconter en mots et en illustrations, en fait des albums historiques exceptionnellement talentueux.
Au-delà d’être un must incontournable des classiques de la BD, Jacques Ferrandez sait transmettre tout ce qui pétrit son âme et finit par hameçonner nos cœurs.
Le talent de Jacques Ferrandez honore l’univers de la BD !
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Caraïbes, 1492. "Ce sont ceux qui ont posé le pied sur ces terres qui ont amené la barbarie, la torture, la cruauté, la destruction des lieux, la mort..."
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