Découvrez l’ensemble des membres du jury qui accompagneront Cy cette année…
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Le lauréat du Prix Orange de la BD 2023 raconte sa passion pour la culture persane et son approche du dessin
Quelles sont les 10 lectures incontournables conseillées par l'auteur de "Majnoun et Leïli" ?
A cette occasion, nous vous offrons des albums du lauréat 2023 du Prix Orange de la BD !
certains amours à périr sont condamnés
des yeux emprisonnent un poète
un oiseau prend au piège des mots lovés au ciel
l’amoureux chante la brûlure aux lèvres infatigables et le fou d'être surnommé
un père consigne sa fille un autre clôture son fils
décence haut et fort
et des larmes séparées arrosent l’épeautre
la passion ne reste pas ciselée il faut l'animer disent les proches
des ronces poussent un homme tombe prêt à mourir
dans la nuit un prénom se répand
complainte langoureuse d'une fin annoncée
le désert englouti des yeux coulants de protection digeste
roi sauvage à bêtes aimantées par la folie
la complainte sauve
et les espèces de se mêlées dans une ronde mordante aux couleurs feu
dans le silence des gestes l’amour psalmodié
l’amoureuse au cœur rentré de ne pas dire pour ne pas couper la rose
la femme se doit pudeur
commode à l’inertie
un mariage scellé craque la trêve et la brutalité reprend sa joie
sous le pourrissant un fantôme soupire poème à l’aimée
tout ce que la terre offre sera pour elle
la poussière étant le prélude à sa venue
l’ambre sur l’honneur
un palais pour la suite palais pour l’absence pour la mort
et l’amour de décliner ses os
un tombeau sacre une union volée
autocentré sur son chagrin le squelette supplie puis ordonne
sans crainte une femme se libère et marche vers l’horizon
faut-il que les hommes meurent pour que les femmes respirent?
"Son teint était si clair que, mis à son côté, semblait sombre le lait que l'on venait de battre.
Sa joue s'ornementait d'un noir grain de beauté, astre sombre brûlant dans une nuit d'albâtre."
Deux amoureux, Leïli et Quaï dit Majnoun sont séparés de façon violente et injuste.
Voici leur belle et touchante histoire racontée avec créativité et poésie par le talentueux Yann Damazin.
Les dessins, et les alexandrins sont magnifiques, puissants, glaçants, lumineux.
L'ambiance est onirique, magique, orientale, colorée.
Mille mercis oranges vifs à lecteurs.com, à la Boîte à Bulles (Spécialisée en BD et bulles indépendantes) et au talentueux Yann Damezin.
Un ouvrage sublimé par le contexte dans lequel il a été réalisé, et par les personnes que l'auteur a rencontrées, appréciées, et aimées.
L'auteur est lauréat 2023 du Prix Orange de la BD.
Après Concerto pour main gauche autour de la vie du pianiste autrichien Paul Wittgenstein, Yann Damezin s’est lancé dans l’adaptation graphique de l’un des plus célèbres contes d’amour orientaux. Aux accents profondément poétiques et oniriques, Majnoun et Leïli, chants d’outre-tombe publié aux éditions La Boîte à bulles, s’inscrit dans une coutume orale et ancestrale aujourd’hui brillamment esquissée sur papier et accessoirement Prix Orange de la BD 2023.
Qaïs et Leïli s’aiment passionnément. Alors que cet amour s’accroit de jour en jour, le jeune homme se met à le chanter continuellement, laissant s’échapper les plus beaux vers que l’on ait pu entendre. Il commence alors à se faire surnommer « Majnoun« , le fou, pour oser déclamer ainsi cet amour furieux qui l’enflamme. Cette réputation, qui ne plaît guère au père de Leïli, pousse le patriarche à interdire formellement aux amants de se voir et de se marier. Majnoun et Leïli dépérissent à petit feu, si bien que le père de la jeune fille décide de la marier de force à un autre homme pour apaiser son cœur. Assistant à l’horreur de cette scène, l’amant esseulé périt de tristesse tandis que Leïli impose à son nouveau mari les règles strictes de leur union : jamais ce dernier ne la touchera car son cœur appartient à un autre. Depuis le monde souterrain, Majnoun n’attend plus qu’une seule chose : que Leïli cède au désir de se laisser mourir pour le retrouver.
L’histoire de Majnoun et Leïli, que l’on peut également trouver orthographiée Leyli et Majnûn – initialement retranscrite pour la première fois par Abûl-Faraj al-Isfahânî dans son Livre des chants, a été reprise par de nombreux poètes perses et indiens. Pour ne pas les nommer : Jâmi (1414-1492), Amir Khosrow Dehlavi (1253-1325) ou encore Nezâmi (1141-1209) qui s’éloigne quant à lui davantage du mythe initial. S’imprégnant de cette anthologie, Yann Damezin crayonne le conte sous des coloris chatoyants, des formes psychédéliques mêlant le style pictural persan et ses miniatures à l’univers onirique, mystique et surnaturel que l’on retrouve particulièrement dans la version du poète Jâmi. Les amants évoluent entre deux mondes, tous deux représentés par de minutieux détails qui semblent faire oublier l’espace d’un instant le malheur qui les guette.
A lire la bande dessinée au fil des vers dont elle est sans cesse ornée, il est bien difficile de ne pas penser à Roméo et Juliette lorsque les conflits familiaux sont évoqués ou encore au lai du Chèvrefeuille de Marie de France lorsque Leïli laisse dans le désert de nombreux effets personnels pour Majnoun afin que le lien ne soit pas rompu. Tout concorde pour recréer l’histoire des histoires d’amour, impérissable par ses émotions contrariées et les séparations obligées. L’auteur lyonnais dissémine dans toutes les courbes de ses traits le lyrisme et la tragédie dont est empreint le conte initial si bien que l’on se passerait presque de mots pour le lire.
Bien au-delà de l’aspect amoureux, c’est également l’histoire de l’émancipation d’une femme qui choisit la solitude plus que les siens dans une société durement patriarcale. Si Majnoun peut exprimer son amour par le chant et les vers, Leïli doit réprimer chacune de ses émotions car la pudeur est de mise. Dans la douleur et le sacrifice, elle devient une ermite du désert, figure de liberté dans la vie quand Majnoun ne l’est pas dans la mort. « Pourquoi les cieux n’ont-ils pitié de l’innocence ? » peut-on lire, assurément parce que les fins heureuses n’ont jamais le charme de la passion en proie à l’inaccessible.
Majnoun et Leïli de Yann Damezin, lauréat 2023 du Prix Orange de la BD est le plus célèbre conte amoureux du Proche et du Moyen Orient adapté en poème graphique. Cette triste et douloureuse histoire aurait été transmise oralement par les Bédouins jusqu’à sa versification en langue persane par Nezâmi au XIIe siècle. Khosrow et Djami écrivirent ensuite leur version.
Yann Damezin, illustrateur et auteur de bande dessinée villeurbannais nous offre avec cet album une version moderne de Majnoun et Leïli, une véritable ode à l’amour tragique.
Leïli et Qaïs s’aiment en secret depuis leur tendre enfance. L’amour va croissant, l’amant se fait poète et chante, psalmodiant partout le nom de son aimée. Tant de passion et de ferveur lui valent bientôt le surnom de Majnoun (le fou).
Cet amour fou va être contrarié, les pères des deux amants refusant leur union :
« Ainsi les deux tribus, d’un avis unanime,
séparèrent la rose de son rossignol,
tranchèrent violemment entre racine et cime,
cachèrent le soleil aux yeux du tournesol. »
La magnifique couverture augure déjà d’une belle découverte, mais elle n’est qu’une sorte d’apéritif tant le contenu est une véritable symphonie, une somptueuse alchimie entre la miniature persane et les alexandrins.
Un peu réservée au départ car n’ayant pas eu la chance de rencontrer un tel graphisme associé de plus à des alexandrins, j’ai, très rapidement, été conquise par la luxuriance, la précision, la finesse des dessins aux couleurs chatoyantes, inspirés des miniatures persanes, nous entraînant dans un monde onirique.
Le récit savamment transcrit en alexandrins ne se borne pas à relater un amour hors du commun. Il aborde également l’ascétisme, la mort, de façon parfois crue mais réaliste, le patriarcat, et la condition féminine.
Yann Damezin n’hésite pas à donner la parole à Leïli, lui permettant d’exprimer combien, à la différence de son amant, il est mal vu qu’elle se lamente publiquement sur son sort et pose également la question de ce qu’est un véritable amour.
Quant à laisser Leïli affirmer son goût irrépressible pour la liberté, difficile de ne pas apprécier cette magnifique initiative !
Les dessins dans un mélange d’horizontalité et de verticalité associés à quelques sublimes pleines pages, les couleurs flamboyantes, le tout porté par une poésie élégante et recherchée font de ce roman graphique un véritable objet d’art.
Mon seul bémol est l’absence de numérotation des pages…
J’adresse un immense merci à Nicolas Zwirn, à Lecteurs.com et à la Boîte à Bulles pour cet enchantement. Nul doute que je viendrai revisiter ce poème graphique !
Chronique illustrée à retrouver ici : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2023/07/yann-damezin-majnoun-et-leili-chants-d-outre-tombe.html
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