Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
Basé sur une fait réel, la vie de « Narcisse Pelletier » écrit par « François Garde » s’avère fortement romancée. Il existe par ailleurs, la biographie retranscrit par Constant Merland « Dix-sept ans chez les sauvages : Aventures de Narcisse Pelletier » en 1876. Cette biographie d’un jeune marin, qui retrace l’adversité subie pendant dix-sept ans dans une tribu aborigène, sur la péninsule du cap York en Australie.
Embarqué à bord de la goélette Saint-Paul, après quelques péripéties, des marins accostent sur le littoral ; exténués ils recherchent aussitôt de la nourriture et de l’eau. Par mégarde ou par dessein volontaire, le jeune Narcisse se retrouve seul, abandonné, épuisé et sans beaucoup d’espoir de survie dans ce monde hostile.
Il sera récupéré par l’équipage du bateau anglais, le John Bell, et confié au gouverneur de Sydney qui décidera de se décharger de sa responsabilité à un homme passionné de découverte, et surtout de géographie : Octave de Vallombrun. Qui accepte cette mission de réhabiliter ce « sauvage blanc » au monde civilisé. Car depuis avoir quitté son île, il demeure mutique, surtout sur ses conditions de « détention » et d’assimilation au sein de la tribu. De retour en France, il rencontrera sans beaucoup d’enthousiasme sa famille, très surprise et inquiète de son retour. Puis il deviendra notamment gardien de phare.
Une recension d’une parfaite confrontation de deux mondes, la société civilisée et la société des sauvages, quelle merveilleuse situation à décrire ! Et mettre ainsi en exergue le bienfondé des progrès matériel et social, au détriment d’une vie rustique dans laquelle règne la loi de la nature et du plus fort. Mais dans ce roman « François Garde » présuppose l’humanisme de la nation aborigène au matérialisme de l’occident – le mythe du bon sauvage de Rousseau –.
Enfin, si je trouve ce roman d’un style ample et clair, ainsi que d’une progression aisée avec l’intégration à tour de rôle d’un chapitre narratif de Narcisse Pelletier puis d’un chapitre épistolaire destiné au président de la Société de Géographie, de Octave de Vallombrun ; l’absence d’explication (si bien sûr il y en a une) sur les conditions de vie de Narcisse pendant ses longues années passées avec les aborigènes, me laisse perplexe avec un sentiment d’incomplétude ! Un mutisme surprenant sur sa condition de « sauvage » et sa réinsertion dans la « bonne » société !
Un moment de lecture rapide et plaisant, mais dont les suppositions et les exactions semblent pour le moins oniriques et destinés à justifier les pérégrinations d’un homme dans un monde, pour l’époque, inconnu. Bref un roman bâti sur une histoire vraie destiné à s’évader en faisant abstraction de la véracité des faits.
Le 5 novembre 1843, Narcisse Pelletier, matelot de la goélette Saint-Paul, se retrouve seul sur une ile australienne. (Né le 13 mai 1825, Narcisse Pelletier, âgé de dix-huit ans, devient ainsi le plus jeune « Robinson » des temps modernes …)
Alors qu’il s’est éloigné de la plage – en dépit des ordres reçus – espérant découvrir de l’eau douce sur la falaise, il aurait perdu la notion du temps … Ses compagnons seraient repartis en mer, après de vaines recherches … Le jeune homme réalise d’instinct qu’il se trouve en danger de mort imminente …
C’est au cours d’un voyage à Sydney, en mars 1861, que le Vicomte Octave de Vallombrun entend parler pour la première fois du « sauvage blanc », découvert sur une plage par des marins anglais (le 25 février de la même année …) Intrigué, Octave de Vallombrun décide de le rencontrer. Il lui parait alors évident que l’homme n’est plus apte à s’exprimer dans un langage identifié, ni même de se conduire comme un être « civilisé ». Le Vicomte découvre, à sa très grande stupéfaction, que ledit « sauvage blanc » réagit toutefois aux mots français …
Alors que le naufragé est officiellement confié aux bons soins d’Octave de Vallombrun, ce dernier tente de lui ré-apprendre le français et de lui rappeler les codes (élémentaires) de notre société. Tout en s’efforçant d’en savoir d’avantage sur les autochtones qui ont partagé sa vie … Après une longue enquête, il va s’avérer que Narcisse Pelletier est originaire de Saint-Gilles-sur-vie (en Vendée) et que sa famille est toujours installée sur place … Pourtant, un élément de taille continue à perturber Octave de Vallombrun : pourquoi donc Narcisse refuse-t-il obstinément de se confier (sur les dix-sept années écoulées) auprès de la tribu australienne qui l’a recueilli ?…
Le roman de François Garde est une pure merveille !!! L’écriture, le style, l’intrigue : tout, dans ce chef-d’oeuvre, est brillant ! Le destin de ce malchanceux marin, qui a totalement oublié son passé, est pathétique ! Durant presque 400 pages (au cours desquelles l’auteur va donner – tour à tour – la parole à Octave et à Narcisse) le lecteur visualise aisément chacun des protagonistes de cet incroyable récit – tant est grande la qualité narrative – Et non moins pertinente, la réflexion philosophique !!! Il est impossible de ne pas éprouver une profonde empathie et entière solidarité, pour ce personnage qui a réellement existé !
Mais comment ai-je pu passer à côté de cette immense pépite littéraire, qui dormait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années ?!?… (Prix Goncourt des Lycéens 2012)
C’est un ÉNORME COUP DE COEUR évidemment !
La phrase du personnage Narcisse "Parler, c'est comme mourir " va me rester à l'esprit un long moment.
Ouvrir ce roman c'est partir loin, voyager jusqu'en Australie au XIX siècle dans un monde où les "blancs" sont persuadés d'être supérieurs.
Une lecture sensorielle et bouleversante d'(in)humanité qui laisse un sentiment d'amertume et de profonde tristesse envers l'être humain.
L'alternance entre le style épistolaire et narratif permet à chaque personnage de s'exprimer. Narcisse raconte, ressent et Octave relate froidement.
François Garde retranscrit avec talent les doutes et les assertions de ces 2 hommes mais à la fin de la lecture les interrogations demeurent.
Prix Goncourt du premier roman qui n'est pas usurpé.
C'est magistral!
Au-delà du récit un peu convenu du Robinson, qui a moins de force que celui de Michel Tournier, François Garde retient par une écriture tenue et fluide, et par la réflexion qu'il mène sur la relation au corps, les liens en société, le passage de l'adolescence à la maturité et à l'acceptation de soi. Du rejet de la tradition à la3 volonté. de tracer un nouveau sillon, d'une réflexion sur les origines au désir de s'affranchir des contraintes, ce qui retient, ce sont les étapes d'une évolution (d'une conversion ?) vers l'acceptation de soi et le discernement de sa vocation. Les méandres du récit suivent celles d'un itinéraire qui prend son temps, ce qui demande une certaine patience.
Un autre Robinson Crusoé. François Garde s'inspire de l'aventure de Narcisse Pelletier, abandonné sur une plage d'Australie, qui oublie sa première civilisation. Le naufragé, d'abord seul et effrayé, est ici recueilli par une tribu locale. Lorsquil est découvert par un navire anglais après 17 ans, il a oublié sa première existence de matelot français; Octave de Vallombrun, qui le recueille, essaie de comprendre comment le garçon a pu ainsi effacer sa mémoire.
Roman d'aventure et d'initiation, ce récit est aussi une réflexion passionnante sur la culture et l'acculturation.
Une très intéressante histoire de Robinson Crusöé moderne.
J'ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir. Je me suis laissé emporter par l'histoire de ce naufragés qui doit apprendre à s'adapter à une culture qu'il ne connaît pas, mais qui au final doit réapprendre à se réadapter à sa propre culture. Un livre qui fait réfléchir, une histoire forte. A lire sans hésitation.
Depuis Daniel Defoe et son fameux Robinson Crusoé, les aventures d’un Européen abandonné soit sur une île déserte, soit dans une contrée inconnue, dite sauvage, n’ont cessé d’inspirer les écrivains.
Ici, François Garde signe un premier roman en s’inspirant d’une histoire vraie : un jeune matelot français, Narcisse Pelletier, âgé de 18 ans, a été abandonné sur une côte d’Australie, au milieu du XIXe siècle. C’est en allant chercher de l’eau pour le reste de l’équipage que notre jeune marin a été « oublié » par ses compagnons qui ont regagné le bateau à bord d’une chaloupe, sans lui ! Faim, soif, espoir, désespoir l’assaillent mais une très énigmatique vieille femme le sauvera avant de le conduire au village d’une tribu où tout le monde vit entièrement nu.
En alternance avec le récit des premiers mois de Narcisse Pelletier dans ce monde inconnu, l’auteur nous propose de longues lettres d’un certain Octave de Vallombrun, explorateur, qui a recueilli Narcisse dix-sept ans plus tard, à Sidney. Entendant parler d’un « sauvage blanc » ramassé par un équipage et mis en prison, il se rend chez le gouverneur. Nous lisons alors le récit détaillé du retour de Narcisse à sa vie antérieure. Dans ses rapports au Président de la société de Géographie, Octave de Vallombrun détaille tout ce qu’il entreprend en faveur de son nouveau protégé, jusqu’à son retour en France. Rien n’est simple car Narcisse doit tout réapprendre mais ce qui intéresse le plus, c’est le récit qu’il pourrait faire de ses dix-sept années de vie sauvage.
Petit à petit, avec beaucoup de souffrances et de frustrations, Narcisse a dû tout apprendre d’une vie en complète fusion avec la nature. Il a dû oublier sa langue maternelle pour pouvoir s’exprimer comme ses hôtes. À plusieurs reprises, la question se pose de savoir s’il n’aurait pas mieux valu laisser Narcisse, baptisé Amglo (le soleil) par ceux qui l’avaient adopté, dans cette nouvelle vie où il avait fini par s’adapter. Pour Narcisse, « Parler c’est mourir », et notre curiosité n’est pas satisfaite pleinement, mais est-ce possible d’expliquer l’inexplicable ?
Cette histoire est passionnante, intrigante, de bout en bout. François Garde a parfaitement réussi à nous captiver, faisant réfléchir aussi à ce que nous appelons la civilisation.
Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/
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Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
Une belle adaptation, réalisée par un duo espagnol, d'un des romans fondateurs de la science-fiction, accessible dès 12 ans.
Merci à toutes et à tous pour cette aventure collective
Lara entame un stage en psychiatrie d’addictologie, en vue d’ouvrir ensuite une structure d’accueil pour jeunes en situation d’addiction au numérique...